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République dominicaine
Dans les années 1980, l’industrie du cacao en République dominicaine était contrôlée par quatre familles. Les cacaoculteurs étaient peu ou pas organisés et très mal payés. Le cacao produit était de mauvaise qualité. Les revenus provenant de l’exportation du cacao étaient bien souvent inférieurs aux couts de production. La coopérative CONACADO (Confederación Nacional de Cacaocultores Dominicanos) a été fondée en réaction à la faiblesse du prix mondial du cacao et pour améliorer la qualité du cacao produit en République dominicaine.
Coopérative de cacao CONACADO, République dominicaine La révolution du cacao
Après des années de travail acharné et de détermination pour s’intégrer aux systèmes biologiques et équitables, CONACADO est aujourd’hui le plus grand producteur mondial de cacao équitable et biologique et le plus grand exportateur de cacao en République dominicaine, puisqu’il exporte 25 % de la production de cacao du pays. La coopérative regroupe 9 000 petits agriculteurs organisés en 9 associations régionales (« bloque »), chacune constituée de 126 associations villageoises. Les primes liées au commerce équitable qui seront versées à CONACADO en 2006 sont évaluées à 1 million $US.
Le cacao est la principale culture commerciale pour les agriculteurs de CONACADO, puisqu’il représente 90 % de leurs revenus. Le cacao CONACADO est produit selon des techniques agricoles biologiques, sous le couvert végétal d’autres arbres fruitiers qui procurent un revenu supplémentaire et une sécurité alimentaire aux agriculteurs. Les primes liées au commerce équitable ont permis d’améliorer les techniques de production et la qualité du cacao, et ont offert aux collectivités la possibilité d’investir dans des systèmes communautaires d’approvisionnement en eau, dans des cliniques de santé et des bourses d’études.
Visitez le site web de CONACADO pour en savoir plus à son sujet.
Voici ce que CONACADO dit à propos du commerce équitable :
« De nos jours, la concurrence est devenue très dure pour les regroupements de petits agriculteurs, si bien que seuls les marchés à créneau nous permettent de survivre. Le marché équitable constitue un débouché très important qui permet à nos membres de survivre. J’aimerais voir les ventes liées au commerce équitable grimper pour améliorer notre position sur le marché » - Isidoro de la Rosa, directeur général, CONACADO – Profil de producteur de la FLO, mai 2000.
Rencontrez quelques-uns des producteurs de CONACADO
Les biographies sont une gracieuseté de la Fairtrade Foundation (www.fairtrade.org.uk)
Ovidia
Ovidia se lève à 5 heures du matin et prépare le déjeuner pour son mari, Ovispo, et ses cinq petits-enfants. Elle s’occupe des enfants puisque leur mère, sa fille, travaille loin du foyer et ne peut s’en occuper. Ils déjeunent à 7 h, puis Ovispo va travailler à la cacaoyère, à une demi-heure de marche de la maison. À midi, Ovidia rejoint son mari à la ferme avec un piquenique pour deux. Ensuite, ils travaillent ensemble à désherber,
tailler et semer de nouveaux plants. Ils font la récolte environ deux fois par mois.
Ovidia et Ovispo vendent tout leur cacao à leur association d’agriculteurs, qui est membre de la coopérative agricole CONACADO. Moins de la moitié se rend sur le marché équitable, puisque la demande de la part des consommateurs demeure insuffisante. Pour cette partie de leur récolte, les cultivateurs reçoivent un prix minimum garanti. Le reste du cacao est vendu sur le marché conventionnel, où les prix demeurent très faibles (en deça des couts de production) depuis plus de deux ans. Ils gagnent en moyenne environ 2 500 pesos par mois, tout juste de quoi couvrir leurs couts et leurs frais de subsistance.
Les prix du marché équitable leur ont permis de traverser de longues périodes de prix faibles sur le marché conventionnel. Les ventes sur le marché équitable ont permis à CONACADO de mettre sur pied une pépinière, qui fournit des plants à moindre cout aux agriculteurs pour qu’ils puissent cultiver la plupart de leur aliments.
Manuel
Pour Manuel, la journée débute à 6 h. Au déjeuner, il mange des bananes, et peut-être une tasse de chocolat chaud. Deux heures plus tard, il est au travail, à sarcler et s’occuper des cacaoyers et des arbres fruitiers qui leur procurent de l’ombre. Maria prépare son lunch « parce qu’elle m’aime », dit Manuel avec une lueur dans l’œil. Ce qu’il préfère de son travail, c’est de semer de nouveaux cacaoyers, puisque ces nouveaux plants lui assurent une sécurité pour l’avenir. Manuel et Maria ont six
enfants, dont trois ont émigré. L’un d’entre eux travaille avec Manuel sur la ferme.
Manuel a quitté l’école assez tôt parce que son père était très pauvre et qu’il a dû travailler dans les champs à un jeune âge. Il a hérité de la terre de sa belle-famille. Comme plusieurs autres agriculteurs locaux, Manuel a commencé à cultiver le cacao dans les années 1950 parce qu’il offrait un avenir plus prospère. Il fait maintenant partie d’un regroupement de 42 agriculteurs qui sont membres de CONACADO. Parmi les avantages qu’il retire de son adhésion au groupe, Manuel souligne les prêts sans intérêt consentis aux agriculteurs pour leur permettre de subvenir à leurs besoins jusqu’à la récolte. CONACADO aide également les agriculteurs en situation précaire en leur fournissant de l’engrais et de jeunes plants de cacaoyer.
Olga
Olga Lidia de Jesús a 12 ans et va à l’école à tous les jours, à La Taranas en République dominicaine. Tous les agriculteurs du village de Yanabo sont des cacaoculteurs, et plusieurs d’entre eux sont membres de CONACADO. Le père d’Olga est un cacaoculteur. Selon elle, les conditions de vie de sa famille se sont améliorées depuis que les compagnies équitables paie plus d’argent pour le cacao de son père.
Sa coopérative a maintenant les fonds nécessaires pour enseigner à ses membres de nouvelles techniques agricoles. Ils ont même mis sur pied un projet pour amener l’électricité à la collectivité. Le père d’Olga dit qu’il ne vendrait jamais son cacao aux grandes sociétés puisqu’elles « ne font jamais rien pour notre collectivité, contrairement aux entreprises équitables. »
Guillermo
Guillermo doit marcher pendant deux heures en montée pour se rendre de sa maison à son petit lopin de terre. Il est complètement détrempé à son arrivée. Il y passe la journée, machette à la main, à sarcler et à élaguer les arbres. Deux jours par semaine, il travaille au quartier général de son association agricole, où les fèves sont fermentées et séchées.
Guillermo termine un mandat de deux ans au poste de président de son association agricole locale. Il a pu constater les avantages que le commerce équitable apporte à sa collectivité. Dans son milieu de vie, des travailleurs médicaux offrent des conseils et des médicaments gratuits. Une pépinière, financée à même les primes liées au commerce équitable, fournit des arbres fruitiers aux agriculteurs à moindre cout. Ces arbres procurent de l’ombre aux cacaoyers et offrent aux agriculteurs une autre source d’alimentation et de revenus. Des aqueducs et des traverses de fossés facilitent le travail dans les champs, qui sont souvent situés loin des routes.
Son message aux acheteurs de produits équitables est simple : « Nous vous promettons des fruits de bonne qualité, en autant que vous nous promettez d’en acheter encore! »







